Comment s’appelle le chapeau des juifs

Le nom le plus courant du chapeau des juifs dans l’usage actuel est la kippa, une petite calotte portée surtout par des hommes juifs pratiquants. La réponse reste toutefois plus nuancée, car le mot yarmulke désigne le même objet dans le monde yiddish et nord-américain, tandis que le « chapeau juif » médiéval renvoie à un couvre-chef historique différent.

La terminologie varie selon la langue, l’époque et le contexte religieux ou historique. Le détail ci-dessous distingue la kippa contemporaine, ses autres appellations, son origine lexicale, ainsi que le chapeau pointu imposé dans certaines régions d’Europe au Moyen Âge.


Le nom du couvre-chef juif : la réponse courte
Kippa
C’est le terme le plus courant pour la calotte juive dans l’usage francophone. Le mot yarmulke désigne généralement le même couvre-chef, surtout en contexte yiddish ou américain.

Contexte historique : le « chapeau juif » médiéval peut aussi désigner le Judenhut, un couvre-chef conique distinct documenté dès le XIIIe siècle
À retenir
  • 💡 Kippa est le terme français le plus fréquent pour ce couvre-chef
  • 💡 Yarmulke est un autre nom du même objet, surtout dans l’usage américain
  • 💡 La Bible ne prescrit pas explicitement la kippa comme obligation générale
  • 💡 Le Judenhut médiéval désigne un autre couvre-chef, souvent conique et parfois imposé

Comment s’appelle le chapeau des juifs ?

Le terme le plus courant : la kippa

Dans le français courant, le couvre-chef juif le plus connu s’appelle la kippa. Il s’agit d’une petite calotte, généralement ronde, portée sur le sommet du crâne. Les dictionnaires, la presse généraliste et les institutions communautaires utilisent majoritairement ce terme, qui correspond aussi à l’hébreu כיפה.

Les données historiques montrent que le mot apparaît déjà dans le Talmud de Babylone, entre les IIIe et IVe siècles, notamment dans Kiddouchin 31a et Shabbat 156b. Dans l’usage religieux, la kippa rappelle qu’une autorité supérieure se tient « au-dessus » de l’être humain, ce qui lui donne une portée d’humilité et de responsabilité.

Le mot « chapeau » reste donc approximatif. La kippa n’est pas un chapeau à bord ou à visière, mais une calotte légère, parfois en tissu, velours, cuir ou crochet. Pour aller plus loin, il faut distinguer le vocabulaire moderne du vocabulaire historique.

Yarmulke, kapele et autres appellations selon les langues

Le terme yarmulke, issu du yiddish יאַרמולקע, désigne la même pièce vestimentaire. Il domine surtout en Amérique du Nord et dans des milieux ashkénazes. Sa prononciation courante se note /aˈjarməlkə/ ou /ˈjɑːməkə/, selon les sources linguistiques anglophones.

Le yiddish connaît aussi le mot kapele. Cette variation montre que le nom du couvre-chef dépend de la langue parlée plus que d’une différence d’objet. En France, « kippa » reste le terme le plus transparent, alors que « yarmulke » apparaît davantage dans les traductions, les médias américains ou les contextes culturels ashkénazes.

Cette diversité lexicale ne change pas la fonction générale du couvre-chef. Elle éclaire surtout les circulations entre l’hébreu, le yiddish et les usages nationaux. Pour aller plus loin, il faut comparer directement kippa et yarmulke.

La kippa et yarmulke sont elles la même chose ?

Quand employer kippa plutôt que yarmulke

Dans la plupart des cas, kippa et yarmulke renvoient au même couvre-chef. Le choix du mot dépend surtout du cadre linguistique. En français, « kippa » reste la forme standard. En anglais américain, « yarmulke » reste très répandu, même si « kippah » apparaît aussi dans des contextes plus proches de l’hébreu moderne.

Les sources culturelles et médiatiques confirment cet usage partagé. La presse française, comme Le Monde, emploie principalement « kippa », tandis que de nombreux médias anglo-saxons préfèrent « yarmulke ». La différence porte donc sur le registre et l’aire culturelle, pas sur la nature de l’objet.

Le contexte religieux peut aussi orienter le mot retenu. Un texte liturgique, une notice de musée ou un article universitaire peut choisir l’un ou l’autre selon sa tradition de référence. Pour aller plus loin, il faut éviter de confondre la kippa avec d’autres calottes religieuses.

Différence entre kippa et calotte religieuse

La kippa appartient au judaïsme, mais d’autres religions utilisent aussi des couvre-chefs proches. Le zucchetto catholique, porté par le pape et certains cardinaux, prend également la forme d’un petit calot. La ressemblance concerne la forme générale, pas la signification religieuse ni les usages communautaires.

Dans le judaïsme, la kippa relève d’une coutume rabbinique et non d’un commandement biblique explicite. Les références classiques les plus souvent citées sont le Talmud, la Mishné Torah, Ahava, Hilkhot Tefila 5:5, et le Shoulhan Aroukh, Orah Hayim 2:6. Ces textes encadrent une pratique de respect et de piété, progressivement élargie du temps de prière au quotidien.

Comparer les formes aide donc à comprendre les objets, mais ne suffit pas à en saisir le statut. Le sens dépend du droit religieux, de l’histoire et des usages sociaux. Pour aller plus loin, il faut revenir à l’origine même du mot kippa.

Principales appellations et catégories liées au couvre-chef juif

🟦

Kippa
Terme francophone courant

Usage actuel

🟩

Yarmulke
Nom yiddish et américain

Même objet

🟪

Kapele
Variante yiddish

Usage minoritaire

🟧

Judenhut
Chapeau juif médiéval

XIIIe siècle

D’où vient le mot kippa ?

Origine hébraïque et sens du mot

Le mot kippa vient de l’hébreu et renvoie à l’idée de ce qui couvre ou forme une voûte. Plusieurs explications lexicales le rattachent à la racine kaf (כ), qui peut évoquer la paume, la cuillère, le dôme ou une forme recouvrante. La presse de référence, dont Le Monde, résume souvent ce sens par « ce qui recouvre ».

Cette origine explique bien la forme du vêtement. La kippa recouvre une petite partie du sommet du crâne, mais sa portée symbolique dépasse sa taille. Dans les commentaires religieux, elle rappelle qu’il existe quelque chose au-dessus de l’être humain, ce qui nourrit une lecture en termes de transcendance, d’humilité et de responsabilité morale.

La pratique elle-même paraît ancienne. Les historiens la font remonter à l’époque du second Temple, puis sa présence textuelle devient plus nette dans le Talmud des IIIe et IVe siècles. Pour aller plus loin, il faut examiner séparément l’origine de yarmulke.

Origine et étymologie de yarmulke

Le mot yarmulke est souvent rattaché à l’araméen yira malka, compris comme « crainte du Roi » ou « crainte du royaume céleste ». Cette étymologie ne fait pas l’unanimité dans tous les travaux linguistiques, mais elle reste la plus couramment citée dans les textes de vulgarisation religieuse.

Cette interprétation rejoint la fonction symbolique attribuée à la kippa. Le couvre-chef ne sert pas seulement à distinguer une appartenance communautaire. Il rappelle aussi une attitude intérieure de retenue devant la présence divine. Le Talmud rapporte d’ailleurs l’exemple de Rav Houna, qui ne marchait pas quatre coudées tête découverte, et celui de Rav Nachman bar Yitzchak, que sa mère couvrait par précaution spirituelle.

Ces références montrent que le vocabulaire et la pratique se répondent. Le mot décrit un objet, mais aussi une disposition religieuse codifiée par la tradition rabbinique. Pour aller plus loin, il faut regarder les formes concrètes que prend ce couvre-chef.

Quels sont les différents types de couvre chef juif ?

Formes, tailles et matériaux courants de la kippa

La kippa n’existe pas sous une forme unique. Les usages contemporains montrent des modèles en velours noir, en tissu satiné, en daim, en cuir, ou encore en crochet. La taille varie aussi, de la petite calotte discrète à la kippa plus large couvrant une partie importante du sommet de la tête.

Ces choix signalent parfois une sensibilité communautaire ou un degré de pratique, mais aucune lecture automatique ne suffit. Dans de nombreuses communautés traditionnelles, le port reste majoritairement masculin. Certaines femmes en portent dans des courants libéraux, alors que les milieux orthodoxes privilégient plutôt, pour les femmes mariées, le foulard, le chapeau ou la perruque appelée sheitel.

L’usage a aussi évolué dans le temps. D’abord concentré sur la prière et l’étude, il s’est progressivement élargi au quotidien. Jusqu’au XIXe siècle, le fait de se couvrir la tête à l’extérieur concernait d’ailleurs une grande partie de la population générale, ce qui modifiait la visibilité spécifique de la kippa. Pour aller plus loin, il faut distinguer ce couvre-chef de celui du Moyen Âge chrétien.

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Le chapeau juif médiéval : Judenhut et pileus cornutus

Le Judenhut, aussi nommé pileus cornutus en latin, désigne un couvre-chef médiéval très différent de la kippa. Il prenait souvent la forme d’un cône ou d’un entonnoir renversé, parfois blanc ou jaune. Son apparition est repérée en Europe dès le XIe siècle en France et au XIIe siècle en Italie, avec des hypothèses d’importation depuis le monde islamique ou perse.

Ce chapeau a parfois été porté volontairement avant de devenir, dans certains territoires, un signe imposé. Le IVe concile du Latran de 1215, sous Innocent III, constitue un repère majeur dans la volonté de distinguer visiblement les Juifs. En France, le règne de Louis IX marque une nouvelle étape avec des mesures de 1269, tandis qu’une loi de Breslau de 1267 est également citée dans l’historiographie.

Les manuscrits médiévaux confirment cette réalité visuelle, notamment le Psautier dit de saint Louis, daté de 1270 à 1274, la Haggadah à têtes d’oiseaux vers 1300, le Speculum humanae salvationis du début du XIVe siècle et le Codex Manesse. Pour aller plus loin, il faut préciser de quel couvre-chef parle réellement la question initiale.

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Kippa et chapeau juif médiéval de quel couvre chef parle t on exactement ?

La kippa dans l’usage religieux contemporain

Dans l’usage courant contemporain, la question « comment s’appelle le chapeau des juifs » vise presque toujours la kippa. Ce sens domine dans les recherches en ligne, la presse et les échanges ordinaires. La kippa fonctionne aujourd’hui à la fois comme signe religieux, marque d’identité et parfois indicateur d’attachement à une pratique visible du judaïsme.

Les débats publics en France montrent cette dimension sociale. Après l’agression au couteau d’un enseignant juif à Marseille, rapportée par Le Monde en 2016, le président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a conseillé d’enlever la kippa dans l’espace public, ce qui a suscité un débat national entre sécurité, liberté religieuse et visibilité. Le couvre-chef dépasse donc le seul registre vestimentaire.

Des responsables politiques français ont aussi porté une kippa ou un autre couvre-chef lors de cérémonies en synagogue, parmi lesquels Nicolas Sarkozy, François Hollande et Manuel Valls. Cela confirme qu’en contexte actuel, le terme central reste bien « kippa ». Pour aller plus loin, il faut isoler le sens strictement médiéval du « chapeau juif ».

Le chapeau pointu imposé au Moyen Âge dans certains pays d’Europe

Quand la formule renvoie à l’histoire médiévale, elle vise plutôt le Judenhut. Ce couvre-chef pointu s’inscrivait dans des politiques de distinction imposées aux Juifs afin de les identifier visuellement et de limiter les contacts sociaux, les mariages mixtes ou certaines conversions. Il pouvait être associé à d’autres signes comme la rouelle, cercle cousu sur le vêtement.

Les sources iconographiques montrent que ce signe n’avait pas toujours la même valeur. Dans certaines phases anciennes, des figures juives l’ont intégré à des sceaux ou blasons, ce qui indique un usage parfois assumé. Plus tard, l’obligation imposée par les autorités chrétiennes a transformé ce couvre-chef en marque de séparation et parfois d’infamie.

La distinction entre kippa et Judenhut évite donc un contresens fréquent. Le premier relève du judaïsme contemporain et rabbinique, le second d’une histoire européenne de contrainte vestimentaire. Pour aller plus loin, il reste utile d’identifier les confusions les plus fréquentes.


Pièges fréquents à éviter
  1. 1
    Confondre kippa et Judenhut. La première est une calotte religieuse contemporaine, le second un chapeau médiéval souvent conique et parfois imposé.
  2. 2
    Présenter la kippa comme une obligation biblique explicite. Les sources citent surtout une coutume rabbinique ancienne, pas un commandement général formulé directement dans la Bible.
  3. 3
    Penser que yarmulke désigne un autre objet. Dans l’usage courant, ce mot renvoie à la même calotte que la kippa, avec une variation de langue.
  4. 4
    Généraliser tous les usages. Le port varie selon les courants religieux, le genre, les pays et les contextes, du quotidien à la seule prière.
🧾
Bilan essentiel
Le bon terme dépend du contexte historique et linguistique

Kippa
Nom actuel le plus courant

1215
Repère majeur pour le Judenhut imposé

Le mot le plus juste aujourd’hui est kippa, tandis que yarmulke correspond au même objet dans un autre espace linguistique. La principale confusion vient du chapeau juif médiéval, qui désigne souvent le Judenhut et non la calotte religieuse contemporaine.

Pour nommer correctement ce couvre-chef, il faut toujours distinguer l’usage actuel, la langue employée et le contexte historique.

🔵 Kippa, terme principal
🟢 Yarmulke, même objet
🟠 Judenhut, sens médiéval

Le terme pertinent dans le langage courant est donc la kippa, avec yarmulke comme équivalent fréquent dans d’autres langues. La précision historique change toutefois la réponse, car le « chapeau juif » peut aussi désigner le Judenhut médiéval, un couvre-chef d’identification imposé dans une partie de l’Europe chrétienne.

Cette distinction aide à éviter une confusion fréquente entre pratique religieuse contemporaine et histoire des discriminations vestimentaires. Une lecture attentive des mots, des dates et des sources permet d’employer le terme le plus juste selon le contexte.

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